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L'homme à plume / Dominique Sigaud


Choix de poésiesRostand, EdmondPortrait
Rostand, Edmond
Choix de poésies
Portrait

Chanteclerc : pièce en quatre actes, en versRostand, EdmondPage de livre
Rostand, Edmond
Chanteclerc : pièce en quatre actes, en vers
Page de livre

Chanteclerc : pièce en quatre actes, en versRostand, EdmondCouverture de face
Rostand, Edmond
Chanteclerc : pièce en quatre actes, en vers
Couverture de face

Chanteclerc : pièce en quatre actes, en versRostand, EdmondGros plan ex -libris Louis Barthou
Rostand, Edmond
Chanteclerc : pièce en quatre actes, en vers
Gros plan ex -libris Louis Barthou
La plume est là, la main, le papier ; une tache d’encre, un trait, une majuscule à boucle. Supervielle à Oloron, Francis Jammes à Orthez, Edmond Rostand à Cambo ; de chacun des trois hommes désormais la main est là, visible, le désir, la vanité aussi. Comme toutes les autres, si terriblement humaines, et magnifiquement, leurs mains sont au travail, dans les manuscrits désormais conservés par ces trois médiathèques. L’élégante écriture à la plume sur des cahiers, des papiers marrons, de petites feuilles blanc cassé, des enveloppes, des lettres, de courtes notes ; leurs grandiloquentes signatures. C’est beau, comme tout ce qui montre ce qui était à l’œuvre, vivant, touchant, physique, derrière l’artiste désormais mort et les pages froidement imprimées.
Toute bibliothèque devrait posséder un manuscrit au moins, obligatoire, pour que sous le papier mécanique, industriel, nous ayons toujours ce savoir, si essentiel, de la main. C’est une main qui écrit, des doigts ; une main qui s’arrête au milieu d’un mot, rature, recommence. Dans cette main, il y a toute la pensée et l’histoire de l’auteur, son envie de plaire, le contentement de soi, l’amour des belles lettres. Il faut emmener les enfants voir ça, qu’ils aient pour toujours en eux le savoir que, derrière une œuvre quelle qu’elle soit, il y a la main. Rien ne restitue la beauté et la fragilité de l’œuvre comme un manuscrit. Que les familles, les institutrices, les enseignants, emmènent les enfants voir ces trésors, même s’ils sont trop petits pour comprendre. Qu’ils voient, ils sauront. Qu’on les emmène voir le sublime « Chantecler » spécialement réalisé à la demande de Rostand pour son ami Barthou. Il y a glissé des dessins de coqs et des croquis de poulaillers faits par lui à la plume, au crayon. Il y a rajouté des commentaires à la main « Il a des éperons, mais porte un bonnet rouge ! ». Le bonheur de faire ça transparaît à chacun des dessins, la jubilation d’offrir un tel cadeau. Là, il n’est plus question de vanité ni de gloire , juste l’impérieux désir, comme un enfant, de réaliser, pour offrir, ce qui serait le plus beau, un dessin rouge, des mots heureux.
Ces manuscrits enfin sortent de leurs cercueils glacés pour chercheurs et universitaires. Ce sont eux aussi la culture. Le patrimoine, c’est à dire le désir de vie, de langue, d’art ; c’est à dire ce qu’un pays se transmet, c’est à dire ce qu’un pays se partage ; c’est le festin. Pour l’heure (j’écris en mai 2007) les manuscrits, fragiles, à manier avec gants blancs et précautions, ne sont accessibles au public que sur demande. Mais ils sont là. A Oloron, à Cambo, à Orthez. Dans les médiathèques. Il suffit de les demander. Aller les voir comme on emmène aussi les enfants au parc et au château. Parce que c’est beau. Parce que c’est savoir (ça voir aussi). Parce que les voir, c’est se souvenir pour soi aussi ce que c’est prendre un crayon, un stylo, une plume et tracer la langue. Que les enfants simplement sachent, une fois suffit, que leur patrimoine fut toujours d’abord vivant, à partager. C’est ce qui rend si heureux l’arrivée de ces textes. N’oublions pas que « livre » a d’abord désigné « le tissu conducteur de la sève » et écrire, « inciser » ledit tissu, la dite écorce. Que sans les mains donc, et le geste, il n’est rien.
Le manuscrit est une source. Il est par définition unique. Il contient une langue chaque fois unique. Voir la langue unique à l’œuvre est aussi une manière de se souvenir qu’en chacun de nous, chacun de nous en dispose. Une langue unique par main écrivant.
Le patrimoine n’est rien d’autre que la somme de mains uniques à l’œuvre. Qu’il soit libre d’accès, visible, gratuit, offert à tous et aux enfants est donc fondamental, je pèse mes mots.

Chanteclerc : pièce en quatre actes, en versRostand, EdmondPremière page du manuscrit de Chanteclair
Rostand, Edmond
Chanteclerc : pièce en quatre actes, en vers
Première page du manuscrit de Chanteclair

Chanteclerc : pièce en quatre actes, en versRostand, EdmondNotification de tirage spécial
Rostand, Edmond
Chanteclerc : pièce en quatre actes, en vers
Notification de tirage spécial

Chanteclerc : pièce en quatre actes, en versRostand, EdmondFeuillet
Rostand, Edmond
Chanteclerc : pièce en quatre actes, en vers
Feuillet

Chanteclerc : pièce en quatre actes, en versRostand, EdmondCroquis du premier Acte
Rostand, Edmond
Chanteclerc : pièce en quatre actes, en vers
Croquis du premier Acte

Le poème d\
Jammes, Francis
Le poème d'ironie et d'amour
Feuillet de titre

Le poème d\
Jammes, Francis
Le poème d'ironie et d'amour
Feuillet du manuscrit

Le poème d\
Jammes, Francis
Le poème d'ironie et d'amour
Feuillet du manuscrit

SaisirSupervielle, JulesDouble page intérieure
Supervielle, Jules
Saisir
Double page intérieure

Boire à la sourceSupervielle, JulesPage de garde
Supervielle, Jules
Boire à la source
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